Historique


Francis Rossi étant d'origine italienne, nous aurions pu penser qu'il aurait plus visité son pays. Ce ne sera pas le cas. Les parutions de 'Pictures of matchstick men', en 1968 et 'Down the dustpipe', en 1970 resteront anomymes. Deux ans plus tard 'Paper plane' enregistrera des ventes quelque peu supérieures et une première tournée au printemps 1973 et une seconde de six dates, la même année, sont évoquées. Elles seront, finalement, annulées. Les années 70 seront traversées sans aucune présence du Quo sur la terre de Léonard de Vinci. Dans ce contexte, il faut attendre le 08/02/1980 et la participation du groupe au festival de San Remo pour voir de substantielles ventes de disques. Le single 'Whatever you want' sera classé n°15., L'album, quant à lui, sera classé n°14, le 24 avril et 58ième vente de l'année. Une seconde participation à l'émission 'Disco Ring', le 17 février, enfonce le clou. Ces deux programmes regardés par plus de 35 millions d'Italiens font beaucoup pour la popularité du groupe qui semble, enfin, sur le point de percer le difficile et peu réceptif marché italien. Dans la foulée, l'album 'Whatever you want' est déclaré disque d'or, le seul que recevra la formation londonienne. La remise officielle devait avoir lieu au mois de juillet où le groupe devait participer à deux shows télévisés qui succéderont à quatre dates intégrées au 'Whatever you want tour', en avril. Ce sera annulé pour les raisons que l'on sait, tous. L'année suivante, 'Somethin' you baby I like' est classé n°45 alors que le 'Never too late' tour intègre sept dates italiennes. Plusieurs anecdotes y sont à répertorier. Tout d'abord, la tournée débute, le 22/04/1981, à Ortisei, petite commune d'à peine 5.000 habitants située dans la province de Bolzano, dans le nord-est de l'Italie. Trois jeunes producteurs autrichiens oseront inviter Status Quo pour un concert qui sera un véritable triomphe puisque suivi par 6.000 spectateurs. La petite ville, peu habituée à tout se remue-ménage, est toute en émoi lorsque, dès 7 heures du matin, le jour du concert, les roadies du groupe envahissent la scène fraichement montée afin de monter le matériel et de s'interroger sur les bien-fondés d'un concert organisé ici et dans de telles conditions (patinoire vétuste, scène peu adaptée). Ce seront les vestiaires de l'équipe locale de hockey sur glace qui serviront de loges. Ces dernières auront été embellie pour Status Quo. Des canapés, des chaises et des tables ont dû être livrés, en urgence, pour que les musiciens se sentent chez eux. Ces vestiaires, par ailleurs plutôt froids et simples, sont devenus, en un tour de passe-passe, un salon pour les rock stars anglaises. Groupe et management logeront à l'hôtel hôtel Oswald à Selva, le seul de la ville avec un certain standing. Le concert programmé à 20h30 provoque d'énormes embouteillages dès 19h. Finalement, tout ce petit monde arrivera à temps pour l'intro de 'Caroline'. Le concert terminé, Rossi, Parfitt, Lancaster, Coghlan et Bown passeront quelques temps dans les vestiaires avant de les quitter aux petites heures du matin pour rejoindre l'hôtel qu'ils quitteront vers 11h avec quelques dégâts mineurs à déplorer payés par les organisateurs. Le concert prévu deux jours plus tard, au stade de San Rémo est reporté au lendemain, dimanche 25/04 à 17h, à cause d'effroyables conditions climatiques. Seulement 3.000 spectateurs feront le déplacement et Rick Parfitt déclarera que ce sera l'un des pires concerts qu'il ait donné avec Status Quo. Le lendemain, le concert de Rome s'arrête alors que le groupe interprète 'Roadhouse blues'. Un spectateur peu responsable lança sur la scène une serviette enflammée bourrée de papier, cette dernière atteignant Parfitt de plein fouet. Tandis que les roadies se précipitèrent sur scène autant pour protéger le groupe que pour éteindre le début d'incendie, Alan Lancaster, fou de rage, empoigna sa basse pour frapper l'auteur du jet mais finalement, aveuglé par la colère, il frappa un photographe, placé malheureusement pour lui, au mauvais endroit. Le groupe quitta alors la scène pour ne plus revenir. Avant le concert de Rome, une séance de dédicaces fut organisée dans un magasin de la capitale italienne où se rendit une foule considérable ce qui ne manqua pas de contrarier Coghlan qui menaça de partir. Il faudra tout le savoir-faire de Johnson pour éviter le départ du batteur. Le lendemain, au Palais des sports d'Udine, le groupe interprétera une version gigantesque de '4.500 times' qui durera 24 minutes. Enfin, les concert de Turin, le 29 et Cantu, le 30 donneront naissance à deux bootlegs. Status Quo quittera les terres italiennes pensant avoir séduit, dans la durée, ce pays. Il n'en sera rien. Seuls trois concerts seront donnés, ensuite, entre 1986 et 2012, la carrière du groupe s'arrêtant là, sans gloire.

